L'apprentissage "des choses de la mer..." (suite)

Luxeuil les bains 1984 - 1987

 

Pas tout à fait un port de pêche !... mais pas loin !

Muté en Haute-Saône, mon rêve de transatlantique n'était pas prêt de se réaliser! Trois ans sans bateau, mais avec toutefois une exception, qui eut le mérite de rendre l’attente moins longue. En effet, le père d'un copain de travail de la base aérienne accepte de me prêter son trimaran de 9 mètres. Nous l'utilisâmes en été 1986, au départ d'Audierne, et nous pûmes nous promener en mer d'Iroise, visitant Douardenez... via le Raz de Sein... et toute cette région magnifique.

 

Mais ce type de bateau ne me plaisait pas trop. Je ne sentais pas la gîte. L’enfournement brutal d’un flotteur me laissait perplexe quant à la suite à donner après une éventuelle culbute. Le bateau idéal serait (pour moi) soit un grand catamaran, soir un monocoque... mais pas un petit trimaran... A mon avis, trop fragile, et trop dangereux pour aller loin.

 

Et puis vint la mutation pour la côte d'Azur...

Le club de St Tropez 1988 - 1990

 

Une fois installé avec la famille dans la région de Fréjus, puis de Draguignan, je suis entré en contact avec des gens qui avaient un First 42 et qui naviguaient en régate au sein du club de voile de St Tropez... Pendant deux ans, ce ne furent que régates sur régates, par tous temps... Y compris à la «Nioulargue». J'ai beaucoup appris en manœuvres, en techniques et aussi en coups de gueule... naviguant parfois sur des unités de 18m comprenant 15 membres d’équipage, et skippés le plus souvent par des marins de renom.

 

A l’occasion de ces régates, ça «dropait sec» à bord. Comme nous étions nombreux, chacun avait son poste, et était toujours prêt aux ordres. Nous étions le «vouloir de manœuvre instantanée» du skipper. Il n’avait qu’à donner ses ordres, clairs, précis, et on ne cherchait pas à comprendre... Mon poste favori était de m’occuper de la grand voile, avec le souci permanent de pouvoir réaliser un empannage sans danger pour les équipiers, car la bôme, sur ces voiliers, n’est pas tout à fait de la taille de celle du Brio...

 

Mais finalement la régate, outre tout ce que j’y ai appris, ce n'était pas mon truc... On ne s'amuse pas toujours la-dessus, (sauf en ville le soir...) et je ne vois pas quel plaisir on peut trouver à naviguer sur un bateau sur lequel se succèdent les coups de gueule bord après bord... Ils étaient tous bien gentils...

 

Mais cela m’aura au moins appris deux choses: La première : la compétition n'était pas ma tasse de thé... Quant à la deuxième : il ne sert à rien de gueuler sur des équipiers... comme le font certains skippers. Quand un équipier ne réagit pas assez vite, on essaye d’avoir encore le temps de faire la manoeuvre à sa place. Et si l’équipier ne fait pas comme le skipper le souhaiterait, c’est que le skipper n’a pas bien expliqué avant ce qu’il voulait faire.

 

Christophe

 

Recherchant un embarquement sur internet, j'ai été contacté par un Christophe qui possédait un Sun Odyssey 47. Sous pavillon helvétique, et basé à St Mandrier, il faisait du « promène-couillons » entre la côte d’Azur et la Corse, rentabilisant ainsi les frais de son beau voilier.

 

Christophe était un inquiet, toujours sur la brèche... se fatiguant vite, ne faisant aucune confiance (souvent à juste titre) à ses clients... Il avait besoin d'un second pour pouvoir se reposer plus souvent et relâcher la pression de l'inquiétude permanente. Car ses clients, eux, faisaient des conneries dangereuses pendant qu’il essayait de trouver un peu de sommeil... (perte du cap, empannage involontaire de nuit...). Deux ans de navigation, parfois avec un fort mistral, et plusieurs traversées Corse-Continent me permirent d'apprendre, encore et encore, à manœuvrer un bateau assez gros, à me méfier des caprices sournois de la Méditerranée, de ses méchants coups de vents et de ses vagues toujours trop courtes quand elle commençait à froncer des sourcils...

 

Je me souviens d’un de ces clients, historien d’une grande culture, homme très agréable, mais qui avait un énorme défaut sur ce bateau : il ne tenait pas debout, et tombait tout le temps, risquant de se blesser gravement, ce qui est inquiétant pour le skipper : un blessé par chute à bord est toujours délicat. Nous l’avions embarqué à Calvi et il devait arriver à Toulon. Il fallait donc l’empêcher de tomber au moins pour la nuit. Vers 19h il s’est plaint d’une légère aigreur de l’estomac. Je saute sur l’occasion, proposant discrètement à Christophe de lui donner un bon somnifère... en lieu et place du comprimé destiné à lutter contre l’aigreur d’estomac...

 

Le repas du soir se passe bien, et vers 20h j’annonce à Christophe :

- Bon si tu veux bien, je vais prendre le premier quart de nuit.

Et notre historien se propose spontanément de prendre le deuxième...

- Ok je te réveille à minuit... En attendant va te reposer...

Nous avons pris les quarts de nuit avec Christophe, tous les deux parfaitement tranquillisés par le sommeil de notre ami qui ronflait très fort dans sa cabine. Nous ne l’avons surtout pas dérangé. Au réveil le matin il a protesté:

- Mais pourquoi tu ne m’as pas réveillé..?

- Bah ! tu dormais si bien... On n’a pas osé te réveiller.

 

Et hop, un blessé potentiel en moins !

Jean Pierre, Luc et tous les autres...

 

Un certain Jean Pierre à Hyères me contacte pour que je lui apprenne à manœuvrer le bateau qu'il venait d'acheter. Nous fîmes plusieurs sorties, dont une virée en Corse pendant une dizaine de jours. Il apprenait vite, mais il lui manquait beaucoup de pratique, donc de prises de décisions rapides et sûres... Mais qui n’a pas commencé par le niveau zéro ?

S'ensuivirent également ainsi plusieurs sorties de quelques jours avec des gens qui voulaient découvrir le monde de la voile, de la mer, des manœuvres... Pas toujours facile de faire passer le message à des gens qui montaient à bord avec des enfants qui couraient partout et qui parfois «me tiraient» un peu la gueule sitôt que je leur parlais de sécurité...

 

Je garde un très bon souvenir d'un équipage de joyeux lurons (Luc, son père et ses deux copains), avec lesquels nous avons passé une semaine bien agréable sur un voilier de 41 pieds de location.. Avoir un équipier cuisinier-restaurateur, c’est le pied ! Je pense qu'ils se souviendront longtemps d'une initiation à la navigation de nuit qui fut pour eux une véritable révélation... surtout à l’approche des côtes...!

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